lundi 2 janvier 2017

Juste la fin du monde 

2016 - Xavier Dolan



Une performance incroyable. Un lieu, cinq personnages, et une justesse exceptionnelle. Plus que réaliste, vivant. Mais pas la partie heureuse de la vie, bien au contraire. La colère, la honte, la peur, toutes ces émotions à peine contrôlées, flottant d’une personne à l’autre, autour d’un protagoniste impuissant, un fantôme qui ne revient que pour repartir encore plus durement. Comment parler, comment oser ? Les dialogues sont vibrants, parce qu’hésitants. Les conflits, les espoirs, les rancunes, tout est dit à mi-mots ou pas dit du tout, et pourtant il n’y a qu’une fin possible, inévitable, et intolérable. Soit vous décrocherez dés le début, soit vous n’en perdrez pas une miette. 

Synopsis

Après douze ans d'absence, un jeune écrivain de pièces célèbres revient voir sa famille, pour leur annoncer sa mort prochaine. Cinq personnages en huis-clos mettent en scène un drame familial sans issue, où amour, colère et tristesse s'expriment au même titre. 

Scénario : Xavier Dolan (d'après l'oeuvre de Jean-Luc Lagarce)
Musique : Gabriel Yared
Photographie : André Turpin

dimanche 1 janvier 2017

Enemy

2014 - Denis Villeneuve





What the ... ?! Je commence à être un peu familier des oeuvres de Villeneuve, mais celle-ci me laisse perplexe ! Deux hommes aux vies différentes mais avec un physique et une voix strictement identiques. C’est dérangeant, mais ça ne suffit pas à en faire de la science-fiction. Ce qui n’est pas l’objectif. Et pourtant, j’ai peut-être du mal à m’imaginer dans la même situation, mais les réactions me paraissent un peu... surnaturelles. Une voix au téléphone, honnêtement, c’est trompeur. S’ajoute à cela une thématique du rêve morbide qui fera fuir les arachnophobes, et que je ne parviens pas à expliquer, volonté artistique mise à part. Bon, mais le cœur du film est... inexistant ? Le rythme, d’une extrême lenteur. La photographie, grisâtre. Les musiques, dédiée à l’ambiance, comme toujours. Mais quelle ambiance ? Conclusion, c’est peut-être un chef-d'œuvre, mais il m’a totalement échappé !

Du moins jusqu'à voir une interprétation possible par le Fossoyeur de Films... Et du tout au tout Enemy me torture l'esprit avec ses airs de mindfuck. Ce qui est une bonne chose ! Je ne dis pas que c'est l'explication, je ne suis pas d'accord avec tout, mais jetez-y un coup d'oeil et faites-vous votre propre avis :
L'APRÈS-SÉANCE - Enemy (l'explication ?)

Scénario : Javier Gullon (d'après l'oeuvre de José Saramago)
Musique : Danny Bensi
Photographie : Nicolas Bolduc

Assassin's Creed

2016 - Justin Kurzel



Il est impressionnant ! Avec des décors superbes, et de très belles cascades. Et totalement fidèle à l’univers des jeux. Et bien joué. Mais alors pourquoi je ne suis pas plus emballé que ça ? Pas déçu, il est vraiment excellent, mais juste pas dedans. Peut-être parce que si réussir à résumer proprement tout l’univers en deux heures est un exploit, c’est un peu frustrant pour qui le connait déjà par coeur. Cela mis à part, c’est un bijou. Il est innovant (cet Animus !) sans excès, grandiose et un petit peu extravagant. 

Synopsis

Grâce à l'Animus, technologie permettant d'accéder à sa mémoire génétique, Callum Lynch revit les aventures de son ancêtre Aguilar, durant l'Inquisition espagnole du XVe siècle. Callum découvre qu’il est issu d’une mystérieuse société secrète, les Assassins, en guerre contre ceux qui le retiennent et l'utilisent : l'Ordre des Templiers. 

Scénario : Michael Lesslie
Musique : Jed Kurzel
Photographie : Adam Arkapaw

High-Rise

2016 - Ben Wheatley



Ce film ! Incompréhensible ! Et trash en plus ! J’adore. On ne sait pas vraiment quand ni pourquoi tous ces gens de différentes classes sociales se retrouvent dans cette tour, mais ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a un cheval sur le toit. Le personnage principal, psychanalyste (donc il découpe des crânes à la scie), est le témoin détaché de cette folie humaine, le seul qui survit au naufrage de ce Titanic vertical. On y discerne une lutte sociale, une arrogance des grands créateurs, une critique de la société consumériste, et un dalmatien dans le caddie. Si l’absurde ne vous fait pas sourire dés les premières minutes, passez votre chemin. Si oui, amusez-vous bien !

Scénario : Amy Jump (d'après l'oeuvre de J. G. Ballard)
Musique : Clint Mansell
Photographie : Laurie Rose

dimanche 25 décembre 2016

Rogue One : a Star Wars story

2016 - Gareth Edwards



En tant que spin-off, il pouvait prendre des libertés là où Le Retour De La Force n’avait que des contraintes. Et il les a prises ! Parfois film de guerre, parfois plutôt apocalyptique, il impose un rythme général aussi soutenu qu’irréprochable. Aucun temps mort, mais si l’action n’a pas d’interruption, elle n’est pas frénétique pour autant. Des forces, le film en a plein, à commencer par ses personnages, pour la plupart humains, à l’exception du petit favori robotique. Des personnages sortis de tous les univers sauf Star Wars, plongés dans un environnement d’une richesse esthétique immense. Beau autant que grandiose, tantôt d’une apaisante simplicité, tantôt d’une foisonnante complexité, ils se contemplent et ne s’oublient pas. Le scénario, sans être exceptionnel, s’insère à merveille dans la chronologie de la saga tout en assurant l’indépendance de cet opus. Petit bémol sur les musiques, composées en peu de temps, essentiellement reprises des thèmes de Williams. À part cela et les batailles de vaisseaux, tout est nouveau ! Ambiance, décors, enjeux... Et ce final... Émotionnel et mémorable ! Très peu de défauts, en vérité, et tellement de qualités ! Je le conseille à tous les fans de la saga, de science-fiction, d’épopée... à tout le monde, en fait.

Scénario : Chris Weitz et Tony Gilroy
Musique : Michael Giacchino
Photographie : Greig Fraser

lundi 19 décembre 2016

Premier contact

2016 - Denis Villeneuve



Il prend son temps sans le perdre. La situation est explicite après cinq minutes, pour ensuite pouvoir se consacrer pleinement au coeur du film : la communication. Des extra-terrestres sont là et ils ont un message, mais c’est moins ce qu’il ont à dire que la difficulté de le comprendre qui importe. Pour cela l’armée fait appel aux personnages de Amy Adams et Jeremy Reiner, une linguiste et un physicien, dont la passion va surpasser les considérations militaires plus pragmatiques. 
C’est une histoire de communication à partir de rien, face à une culture inconnue qui est pourtant la clé du langage, mais aussi de communication entre humains. Une histoire de coopération et d’information. Denis Villeneuve réalise ici un nouveau chef d’oeuvre, moins sombre que ses précédents, mais toujours centré sur l’humain et ses failles. C’est de la SF sans l’artillerie lourde, toute en subtilité, et qui ne gaspille pas une minute. Les musiques, bien plus présentes que dans Sicario, sont toujours chargées émotionnellement. Et si certains regretterons une certaine immobilité, voir une excessive simplicité, c’est peut-être qu’ils cherchaient un fond que la forme à elle seule peut combler. Enfin, retenez bien cela : tout n’est pas linéaire, à commencer par l’écriture...

Synopsis

Lorsque de gigantesques monolithes flottants apparaissent soudain dans 12 endroits du monde, l'armée s'empresse de recruter une équipe civile, en particulier une linguiste et un physicien, pour essayer de communiquer avec les nouveaux arrivants. Mais bien sûr, ce n'est pas simple, sans compter que les humains ont parfois déjà du mal à s'entendre entre eux...

Scénario : Eric Heisserer (d'après l'oeuvre de Ted Chiang)
Musique : Johann Johannsson
Photographie : Bradford Young

mercredi 7 décembre 2016

Match Point

2005 - Woody Allen





Le début annonce l’intéressante ascension sociale d’un personnage foncièrement pragmatique, qui utilise chaque nouvelle rencontre comme un barreau à son échelle d’ambitions. Manipulateur professionnel, on attend avec enthousiasme chacun de ses mouvements... mais c’est sans compter le coup de foudre. Et si lui se prend un éclair, nous c’est plutôt la douche. On tombe subitement dans le déjà-vu pseudo romantique, les problèmes de couple, la tromperie, lui perd ses moyens en même temps que son charisme, et nous livre un final aussi ridicule qu’inutile. Peut mieux faire !

Résumé [spoil]

L’introduction est l’image d’une balle de tennis qui mord le filet : deux possibilités, nous dit le narrateur, l’une est la victoire, l’autre la défaite…

Chris Wilton, jeune prof de tennis d’origine modeste, est embauché dans un club de la haute société londonienne. Il y sympathise avec Tom Hewett, jeune homme de ce milieu, avec qui il prétend partager la passion de l’opéra. Très vite, Chris fréquente la famille Hewett et séduit Chloé, la sœur de Tom. Mais il rencontre aussi l’exquise Nola Rice, jeune comédienne (dans ses rêves) américaine fiancée à Tom. Il est immédiatement attiré et cherche également à la séduire. Ils se ressemblent beaucoup : issu de milieu modeste et essayant de se hisser, et sont mutuellement attirés. Elle cède une fois (elle, énervée par une remarque de la mère Hewett sur ses illusions de comédienne, sort sous la pluie. Il la rejoint et ils font l’amour dans un champ) puis le repousse, pour préserver son futur mariage.

Chris gagne rapidement les faveurs du père de Chloé, qui lui offre un poste à responsabilité dans son entreprise. Après quelques mois il épouse Chloé, tandis que Tom quitte Nola pour se marier avec une femme de son rang dont il est amoureux. Nola retourne aux US, mais Chris finit par la revoir à Londres, et entame une aventure avec elle (au point de quitter le travail certains midis pour la retrouver), ce qui l’oblige à mentir de plus en plus à sa femme. Et un jour Nola lui apprend qu’elle est enceinte… Dilemme pour Chris, qui doute de son amour pour Chloé mais n’ose pas lui avouer qu’il doit la quitter, d’autant plus qu’elle souhaite un enfant qu’ils ne parviennent pas à avoir.

Nola le menace alors de tout révéler à sa femme si lui ne s’en occupe pas. Chris procrastine, désespéré. Ne voyant pas d’autre solution, il vole un fusil de chasse chez les Hewitt, donne rendez-vous à Nola chez elle, entre chez sa vieille voisine, la tue. Il vole alors bijoux et médicaments, pour simuler un cambriolage par un drogué. Quand Nola arrive, il l’abat sur le palier. Il va ensuite jeter les bijoux dans la Tamise, mais une bague rebondit sur une barrière et retombe au sol. Il ramène ensuite le fusil, manquant plusieurs fois d’être découvert par Chloé. Rapidement, il est rongé par la culpabilité (hallucinations).

Pendant ce temps, la police mène son enquête et en vient à interroger Chris. Celui-ci nie avoir revu Nola depuis son départ d'Angleterre, mais celle-ci tenait secrètement un journal intime, retrouvé par la police, où le jeune homme est souvent mentionné. Il avoue alors aux deux inspecteurs qu'il avait bien une liaison avec elle, mais nie être impliqué dans le meurtre et les prie de ne pas en parler à sa femme. L’un des policiers est convaincu, l’autre moins. Et une nuit ce dernier a une révélation : il sait que Chris est l'assassin et comment il s'y est pris. Mais le lendemain, la bague de la voisine est retrouvée sur le cadavre d'un drogué, près de chez Nola. L’affaire est close.


La scène finale : Chris et Chloé entrent chez eux avec leur enfant, et Tom lui souhaite qu’il ait toujours de la chance.

Scénario : Woody Allen
Musique : (opéras)
Photographie : Remi Adefarasin