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samedi 22 juillet 2017

These final hours

2015 - Zak Hilditch





J’ai déjà versé une larme devant plus d’un film. Mais éclater en sanglots, c’est la première fois. Dernière scène, le générique, je commence à réfléchir, je me projette, et la vision est intolérable. These final hours est d’une puissance émotionnelle rare. Comment les gens réagissent sachant vivre leurs dernières heures ? La réponse est multiple, souvent terrible, parfois sublime. Beaucoup de protagonistes pour autant de réactions, mais surtout un duo de personnages, perdus. Une jeune fille qui perd son père, un homme le sens à donner à son existence. En la sauvant, il se retrouve. L’ambiance générale est sombre, malsaine, le désespoir omniprésent. On s’accroche à chaque lueur, jusqu’à en suffoquer. La mise en scène développe finement l’atmosphère d’apocalypse, le jeu est convaincant, c’est surtout incroyable de voir une telle évolution dans un contexte aussi contraint. La force de ces dernières heures réside dans le fait de savoir l’histoire sans issue. Il ne reste rien, aucun objectif, aucun espoir, aucune raison de se battre. Tout ce qui demeure est un ensemble d’individus seuls avec leur conscience. C’est une vision dure, mais je ne peux que vous inciter à la contempler. 

Scénario : Zak Hilditch
Musique : Cornel Wilczek
Photographie : Bonnie Elliott

mercredi 4 janvier 2017

Ex Machina

2015 - Alex Garland



Sublime. Lent et percutant, beau et terrible, simple et tordu. Quatre personnages en huis clos permettent de perfectionner la réalisation jusque dans les moindres détails. Le sujet est d’actualité, la vision révolutionnaire. Et à vrai dire, elle nous effraie quelque peu. Le casting est incroyable, le décor d’une modernité grandiose. Sans se prendre la tête, on s’interroge, on hésite, on s’émerveille... Soyons honnête, le film n’est pas gai, les personnages pas vraiment attachants, mais le but est ailleurs, et atteint : aborder avec une extrême justesse la problématique de l’intelligence artificielle consciente. Le maître mot : simplicité. Dans les plans, les dialogues, les musiques. Et si au passage ils parviennent à glisser quelques réflexions sur les relations humaines ou le big data, ce n’en est que plus piquant. Un film qui, si vous parvenez à adhérer au rythme ralenti, ne vous épargnera pas. 

Synopsis

Caleb est un brillant codeur chez BlueBook, le plus important moteur de recherche mondial, qui gagne un séjour d’une semaine auprès du fondateur de cet empire technologique. Mais en arrivant dans la demeure isolée, il découvre la véritable raison de sa présence : il va interagir avec Ava, une intelligence artificielle à corps de femme.

Scénario : Alex Garland
Musique : Geoff Barrow et Benjamin Salisbury (montage par Yann McCullough)
Photographie : Rob Hardy

lundi 2 janvier 2017

Le Pont des Espions

2015 - Steven Spielberg



Magistral ! La guerre froide, cette époque, aux États-Unis, c’est vu et revu. Mais jamais comme ça ! Le questionnement sur les implications légales et morales de l’espionnage est profondément humain. C’est tout d’abord la rencontre de deux hommes de valeurs dans un contexte de procès, mais cela s’oriente ensuite sur le poids de l’opinion politique dans la justice, pour enfin plonger dans la noirceur des intrigues diplomatiques, et les conséquences de suivre sa conscience contre vents et marées. Comme toujours Tom Hanks incarne une figure forte et réfléchie, qui n’hésite pas à se lever contre l’injustice, au travers de discours puissamment humanistes. L’autre force du film, c’est cette vision inédite de Berlin au moment de l’érection du mur. Une vision marquante.

Et pour l’anecdote je ne me rappelais plus quel Oscar avait reçu ce film, et bien il saute littéralement aux yeux : le jeu de Mark Rylance est juste incroyable.

Synopsis

James Donovan, avocat à Brooklyn, est plongé malgré lui au cœur de la guerre froide lorsqu'il doit défendre un espion soviétique, puis que la CIA l’envoie à Berlin Est négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2.

Scénario : Matt Charman, Joel et Ethan Coen
Musique : Thomas Newman
Photographie : Janusz Kaminski

MacBeth

2015 - Justin Kurzel



Accrochez-vous. Comme toute oeuvre d’art, MacBeth se laisse admirer, lentement... Si vous y êtes prêt, ouvrez grand les yeux, ils seront comblés. Arrêts sur images fractionnés au coeur d’une extrême violence ; jeu de couleurs sombre et hypnotisant ; ambition et folie exacerbés par des acteurs qui poussent la tragédie à son apogée. Destin inéluctable et âmes torturées. Pour les amateurs de la pièce néanmoins, on s’en éloigne, bien que les dialogues aient des airs de tirades. Kurzel s’est ici approprié l’oeuvre Shakespearienne pour l’adapter à son époque. Peut-être un peu trop, et c’est là le seul reproche que je peux faire : une scène choquante, qui m’a rappelé un traumatisme cinématographique personnel. En conclusion : à voir, avec l’esprit ouvert, et pas une trop grande sensibilité.

Synopsis

11ème siècle, Ecosse. Macbeth, chef des armées, sort victorieux de la guerre qui fait rage dans tout le pays. Sur son chemin, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. Comme envoûtés par la prophétie, Macbeth et son épouse montent alors un plan machiavélique pour régner sur le trône, jusqu’à en perdre la raison.

Scénario : Todd Louiso (d'après l'oeuvre de William Shakespeare)
Musique : Jed Kurzel
Photographie : Adam Arkapaw

dimanche 13 novembre 2016

Hunger Games, La Révolte Partie 2

2015 - Francis Lawrence





Action et émotion ont ici semblé incompatibles, à mon grand regret. Je trouve dommage qu’il n’ait pas été donné à Jennifer Lawrence l’opportunité de faire montre de son talent, même au terme de cette saga. On se noie dans des dialogues sans aucune subtilité. Et quand la salle rit dans des passages aux intentions dramatiques, cela frôle le pathétique. Le fond maintenant : la trame scénaristique de la trilogie repose sur la continuité d’un cycle qu’il s’agit de rompre. La bataille du Capitole se devait donc de faire écho aux cérémonies des Hunger Games. Seulement arrivé à l’adaptation, cela s’est résumé à de très rares créations, comme si le sadisme et l’inspiration des concepteurs de pièges s’étaient essoufflés. Quelques bons points cependant : certains passages d’une extrême tension, et la richesse esthétique d’un Capitole semi-futuriste enfin exploitée. Un bon film d’action, mais dont le potentiel n’est malheureusement pas développé à la hauteur de nos espérances. 

Scénario : Danny Strong et Peter Craig (d'après l'oeuvre de Suzanne Collins)
Musique : James Newton Howard
Photographie : Jo Willems

samedi 12 novembre 2016

Seul sur Mars

2015 - Ridley Scott





Il n’y a qu’une manière de commencer à décrire ce chef d’oeuvre : les émotions. En quantité, et de qualité. On se cramponne d’angoisse sur son siège, pour rire aux éclats l’instant d’après. On ressent peur et joie, inquiétude et espoir en profondeur, presque comme si on y était. La tendance cinématographique des dernières décennies est de ne plus jouer un rôle, mais d’imiter la réalité. Matt Damon réalise ici le prodige d’y parvenir dans un décors de drame spatial (martien, en grande partie, une particularité que Ridley Scott a su exploiter à merveille). C’est un pur plaisir que d’assister à la survie de son personnage, extrêmement créatif, et qui rebondit sur chaque échec avec humour et audace. Ce film est une ode à la science, autant qu’au genre humain. Un humain qui, s’il ne baisse pas les bras, est capable de miracles. Il peint également une NASA en équilibre entre le génie de la dévotion scientifique, ponctuée d’une solidarité formidable, et le danger de l’opinion publique. Mais surtout, il est d’un incroyable réalisme. En fait, un film sur Apollo 11 ne pourrait pas paraitre plus réel. Cette aventure grandiose et belle nous captive jusqu’à une fin parfaitement minutée. Chapeau.

Scénario : Drew Goddard (d'après l'oeuvre de Andy Weir)
Musique : Harry Gregson-Williams
Photographie : Dariusz Wolski

Sicario

2015 - Denis Villeneuve





Sicario traite des cartels de la drogue, de la frontière US / Mexique, et de la manière dont les Etats-Unis gèrent ces problèmes. Le film est cru, vif : par des images tout d’abord, dans une introduction frénétique qui nous immerge immédiatement dans un univers sans pitié ni morale. Cru et vif dans ses idées, ensuite : il a des messages à faire passer, des informations à communiquer, et il le fait, distinctement mais sans décoration superflue. Et surtout, il prend le temps. Ou plutôt, il s’en empare. 
La clé de voute du film, c’est cette agent du FBI incarnée par Emily Blunt, qui malgré son expérience du terrain, se retrouve plongée au coeur de cette lutte morbide et sans lois, en apparente zone de guerre. Mais surtout, c’est sa progression dans une ignorance presque totale (vide que ceux qu’elle sert ne souhaitent surtout pas combler) qui nous happe complètement : comme elle, les règles nous sont inconnues. 
Enfin la force de Sicario réside dans le rythme qu’il impose : des phases lentes, oppressantes, entrecoupées d’explosions  aussi soudaines que brèves, et d’autant plus violentes que la bande originale du film mise bout à bout ne doit pas excéder cinq minutes. Du silence, et de la tension. A voir avec l’estomac accroché, et la volonté de redécouvrir de sombres vérités. Sicario, retenez-bien ce mot. Il prendra sens. A la fin. 

Scénario : Taylor Sheridan
Musique : Johann Johannsson
Photographie : Roger Deakins

Le labyrinthe : la terre brûlée

2015 - Wes Ball




Si l’introduction fracassante et une première partie excessivement formelle ne laissait pas supposer de grande originalité, cet opus prend soudainement un virage qui marque la rupture définitive avec les autres sagas adolescentes auxquelles on a comparé le Labyrinthe. On plonge cette fois dans un univers post-apocalyptique aux recoins sombres, certes plus riche en images sensationnelles qu’en surprises. Et s’il  collectionne d’autre part les clichés, c’est avec une classe telle qu’on les oublies vite au profit d’une esthétique grandiose, qui n’est pas sans nous rappeler Mad Max : Fury Road. On y ajoutera un environnement et une ambiance aux inspirations vidéo-ludiques indubitables (Crysis et Fallout, parmi d’autres).

On retiendra surtout une expérience sonore, parfois exagérée mais qui en impose, surtout lorsqu’elle est couplée à des ellipses d’une brutalité calculée. Sans prendre de gros risques, la Terre Brulée ose s’éloigner des sentiers battus, et on appréciera une fin d’épisode qui, à l’inverse de la tendance actuelle, ressemble bien à une fin d’épisode, avec juste la bonne dose d’anticipation.

Scénario : James Dashner (d'après l'oeuvre de T. S. Nowlin)
Musique : John Paesano
Photographie : Gyula Pados

Youth

2015 - Paolo Sorrentino





Des scènes superbes, une grande plus-value musicale, du drame et de l’humour : la réalisation est d’une indéniable qualité. Le casting aussi. Le fond maintenant : Youth se veut être une réflexion sur le temps qui passe, la vieillesse, le choc des générations, l’héritage, l’amour, l’imagination, les contraintes du monde cinématographique... Et voilà où ça coince : Sorrentino veut en faire trop, les dialogues se succèdent sans lien, et si certains diront que ce brassage confus est la force du film, on aimerait bien avoir le temps de réfléchir aux par trop nombreuses questions énoncées. On sort de la salle : on a un peu ris, on s’est un peu ému, mais on se demande déjà ce que l’on en retiendra. Deux semaines plus tard, pas grand chose : quelques scènes incongrues, quelques belles phrases dans la bouche de Michael Caine et Paul Dano, et le grandiose concert final. Qu’on aurait aimé être final. Bref, un beau morceau d’art, un peu long, et moins réfléchi que son ambition ne le laisse paraitre. 

Scénario : Paolo Sorrentino
Musique : David Lang
Photographie : Nicola Giuliano